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  • Viviane Cangeloni

REPRISE

Après une pause, voici la reprise de la rubrique Partage.

En cette période d’ouverture - fermeture de frontières que l’on passe, dépasse et qui trépassent, j’ai eu envie de vous offrir un florilège multiculturel de phrases d’écrivains que j’aime et qui me paraissent de circonstance.

Français, belge, italien, suisse, allemand, néerlandais, britannique, espagnol, portugais, grec, turc, mexicain, chilien, antillais, polonais, russe… leur culture les porte. Leur parcours les transporte bien plus loin que leur origine sur une terre commune, celle si précieuse de l’humain qui s’enrichit des différences, se réjouit des ressemblances. Ce lieu de l’intériorité d’un vécu essentiel nous agrandit. Sa beauté bien plus que formelle nous révèle à nous-mêmes par un toucher du mot juste. Au-delà de la traduction, au-delà du langage et cependant au cœur même de la langue, ces mots prennent une dimension sacrée.


J’ouvre avec cette phrase d’Octavio Paz, Mexique :

La poésie n'est pas incompréhensible, elle est inexplicable.


Yannis Ritsos, Grèce

Parfois les mots viennent tout seuls presque, comme les feuilles

aux arbres –

bien sûr, les racines, invisibles, la terre, le soleil, l’eau ont aidé

à cela,

et aussi les feuilles pourries du passé. Les idées, plus tard,

viennent facilement par-dessus, comme sur les feuilles les araignées,

la poussière

et les gouttes de rosée scintillant d’une lumière équivoque.


Alda Merini, Italie

J'aime les gens qui choisissent avec soin les mots à ne pas dire.


Car, la poésie nous parle aussi de l’importance du lien et du vivant lesquels participent au sens et à la beauté de la vie.


Pablo Neruda, Chili

Un seul mot, usé, mais qui brille comme une vieille pièce de monnaie : merci !


Ou encore :

Je veux faire de toi

ce que fait le printemps avec les cerisiers.


Ou encore :

Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront jamais le printemps.


Johann Wolfgang von Goethe, Allemagne

Traitez les gens comme s'ils étaient ce qu'ils doivent être et vous les aiderez à devenir ce qu'ils sont capables d'être.


René Char, France

Il n'y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l'accomplit.

(…)

L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.


Nazim Hikmet, Turquie

Ce qui nous arrive n'est pas grave.

Le pire:

c'est de porter en soi la prison

conscient ou inconscient.


Fernando Pessoa, Portugal

De même que nous lavons notre corps, nous devrions laver notre destin, changer de vie comme nous changeons de linge.


Aimé Césaire, Antilles

Tant de grands pans de rêves

De parties d’intimes patries

Effondrées

tombées vides (…)

(…) elle me parle une langue si douce que tout d’abord je ne comprends pas mais à la longue je devine qu’elle m’affirme

que le printemps est arrivé à contre- courant (…)


Anna Akhmatova, Russie

Quand on enterre un monde,

Le cantique des morts ne résonne pas.

(…)

Et puis le monde remonte,

Cadavre sur un fleuve de printemps.


Shakespeare, Royaume-Uni

L'enfer est vide. Tous les démons sont ici.


Charles Ferdinand Ramuz, Suisse

Être isolé du reste des hommes, c'est se sentir inutile. Se sentir inutile est pire encore que de se sentir coupable.


Etty Hillesum, Pays-Bas

Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.

….Notre unique obligation morale, c'est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu'à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition.


Wislawa Szymborska, Pologne

Trois mots étranges

Quand je prononce le mot Avenir,

sa première syllabe appartient déjà au passé.

Quand je prononce le mot Silence,

je le détruis.

Quand je prononce le mot Rien,

je crée une chose qui ne tiendrait dans aucun néant.


La vie continue envers et contre tout. Il est bon de la célébrer même quand tant s’anéantit. Tandis que du non encore existant germe la vie.


Antonio Gamoneda, Espagne

Tu dors sous la peau de ta mère et ses rêves pénètrent dans tes rêves. Vous allez vous éveiller dans la même confusion lumineuse.

Tu ne sais pas encore qui tu es ; tu demeures indécise entre ta mère et un frémissement vivant.


Et pour terminer, voici ces souhaits tellement d’actualité de Jacques Brel, Belgique.

Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin, de ne jamais renoncer à la recherche, à l'aventure, à la vie, à l'amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d'être vous, fier de l'être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.



Avec toute ma gratitude pour ces écrivains et leur partage de mots de chair, car ce n’est pas une mince affaire que de pénétrer au fond des choses par le seul biais du langage. (Etty Hillesum). Je n’ai pas mis les références titre et édition de ces extraits afin de ne pas alourdir la lecture.

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