L’art témoigne d’une ultime résilience et compassion
- Viviane Cangeloni
- 16 janv.
- 2 min de lecture

Est-il épreuve plus insoutenable que celle d’une mère qui perd son enfant ? De plus, un être innocent et victime de torture. Pourtant, c’est aujourd’hui encore partout ainsi dans les pays en guerre. ET pas seulement. Comment survivre à ce malheur ? Comment éviter la haine ? C’est le propos de Stabat Mater, un magnifique texte médiéval exprimant la souffrance de Marie, mère de Jésus. La flamenca marseillaise Ana Pérez, le guitariste et le joueur de théorbe José Sanchez ont tiré de ce texte sacré une pièce musicale chantée, parlée et chorégraphiée qui incarne la puissance et la résilience du féminin. C’était dernièrement à la maison de la danse à Marseille. Et c’était bouleversant, magnifique. De créativité, de performance, de sensibilité, de résonnance avec une dimension aussi individuelle qu’universelle et d’actualité.
La souffrance de cette mère divine de la chrétienté nous parle bien au-delà d’une appartenance à une religion particulière. Que nous soyons mères ou pas, elle nous touche dans notre humanité essentielle, intemporelle. On en retrouve des échos dans des mythologies telles que celle de Déméter quand cette déesse des céréales et de l’agriculture de l’ancienne Grèce croit avoir perd sa fille qu’elle retrouvera finalement à l’issue d’un processus de transformation radicale.
En toute modestie, je partage ici un extrait du texte de l’une de mes vidéos Le retour de Déméter, 2023.
« Je suis toutes ces femmes qui ont perdu un enfant. Je suis vous, toutes celles qui tombent et se relèvent, qui ne lâchent pas. Toutes vos marchez dans mes pas, un jour, deux, trois neuf, tant de jours sans manger ni boire ni dormir. D’un seul coup, vous avez pris dix ans, vingt ans. Vous ne serez jamais plus comme avant. Je suis cette femme hier déesse, aujourd’hui simple mortelle. »



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