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Est-il épreuve plus insoutenable que celle d’une mère qui perd son enfant ? De plus, un être innocent et victime de torture. Pourtant, c’est aujourd’hui encore partout ainsi dans les pays en guerre. ET pas seulement. Comment survivre à ce malheur ? Comment éviter la haine ? C’est le propos de Stabat Mater, un magnifique texte médiéval exprimant la souffrance de Marie, mère de Jésus. La flamenca marseillaise Ana Pérez, le guitariste et le joueur de théorbe José Sanchez ont tiré de ce texte sacré une pièce musicale chantée, parlée et chorégraphiée qui incarne la puissance et la résilience du féminin. C’était dernièrement à la maison de la danse à Marseille. Et c’était bouleversant, magnifique. De créativité, de performance, de sensibilité, de résonnance avec une dimension aussi individuelle qu’universelle et d’actualité.



La souffrance de cette mère divine de la chrétienté nous parle bien au-delà d’une appartenance à une religion particulière. Que nous soyons mères ou pas, elle nous touche dans notre humanité essentielle, intemporelle. On en retrouve des échos dans des mythologies telles que celle de Déméter quand cette déesse des céréales et de l’agriculture de l’ancienne Grèce croit avoir perd sa fille qu’elle retrouvera finalement à l’issue d’un processus de transformation radicale.


En toute modestie, je partage ici un extrait du texte de l’une de mes vidéos Le retour de Déméter, 2023.

« Je suis toutes ces femmes qui ont perdu un enfant. Je suis vous, toutes celles qui tombent et se relèvent, qui ne lâchent pas. Toutes vos marchez dans mes pas, un jour, deux, trois neuf, tant de jours sans manger ni boire ni dormir. D’un seul coup, vous avez pris dix ans, vingt ans. Vous ne serez jamais plus comme avant. Je suis cette femme hier déesse, aujourd’hui simple mortelle. »




 
 
 

 

Entre fin juin et mi-juillet 1831, l’activité volcanique sous-marine fait naître une nouvelle île en Méditerranée, dans le canal de Sicile, en face de la Tunisie. En quelques semaines, l’île est revendiquée pour sa position stratégique par plusieurs pays. Cette compétition des nations est toutefois de courte durée : six mois à peine après son apparition, l’île nouvellement formée sombre sous les vagues de la Méditerranée. Sommeillant aujourd’hui à quelque six mètres de profondeur, le rocher basaltique est surveillé de près par les sismologues. Clément Cogitore, chercheur et artiste revisite cet évènement par un travail vidéo entre fiction et réalité. Les images sont magnifiques. Nous sommes plongés dans le magma des  éléments primordiaux. Eau, terre, vent et feu. Leur  dimension archétypale nous saisit, nous emporte dans un imaginaire initial où l’homme rencontre les forces brutes et alchimiques de la nature. Le voilà pris entre l’envoûtement par tant de beauté et la persistance de son ambition de possession. Mais peut-on conquérir la beauté ?


Beauté d’une nature si puissante et mystérieuse que les hommes de jadis l’ont peuplée de dieux. Aujourd’hui, le progrès les a chassés. La raison nous rassure. Et si un mouvement tectonique nous replongeait dans le chaos primordial ! En renouvelant les peurs, les espoirs, les rêves de cet Humain originel pris entre Ciel et Terre qui sommeille toujours en nous. 


Si vous passez par Marseille, c’est à voir au Mucem jusqu’au 20 septembre 2026.



 
 
 

 

C’est le sujet proposé cette année à l’atelier photographique Contraste en collaboration avec Charlotte Beaudry, artiste invitée.


Bienvenue au vernissage ce vendredi 19 décembre à partir de 18h. Vous pourrez découvrir la façon dont une trentaine de photographes ont traité ce thème en argentique, numérique et vidéo.


Pour ma part, j’ai questionné ces préjugés qui polluent nos cœurs, nos pensées et formatent nos comportements. Ces phrases toutes faites qui se prétendent vérités absolues, mais nous enferment dans l’ignorance. En contrepoint de cette ombre, des citations lumineuses. Celle d’un écrivain et poète : ce qu’on sait de quelqu’un empêche de le connaître, Christian Bobin. Celle d’un physicien : Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé, Albert Einstein.


L’exposition vous accueille également du 5 au 16 janvier le lundi, mardi et jeudi soir ainsi que mardi et jeudi matin au 45 rue Général Capiaumont, 1040 Etterbeek-Bruxelles.

Afin de faciliter votre organisation pour visite, la rubrique l’Art Témoigne paraît exceptionnellement ce mercredi au lieu de l’habituel vendredi.



 
 
 

© 2025 - Viviane Cangeloni

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