top of page
Rechercher

 

Entre fin juin et mi-juillet 1831, l’activité volcanique sous-marine fait naître une nouvelle île en Méditerranée, dans le canal de Sicile, en face de la Tunisie. En quelques semaines, l’île est revendiquée pour sa position stratégique par plusieurs pays. Cette compétition des nations est toutefois de courte durée : six mois à peine après son apparition, l’île nouvellement formée sombre sous les vagues de la Méditerranée. Sommeillant aujourd’hui à quelque six mètres de profondeur, le rocher basaltique est surveillé de près par les sismologues. Clément Cogitore, chercheur et artiste revisite cet évènement par un travail vidéo entre fiction et réalité. Les images sont magnifiques. Nous sommes plongés dans le magma des  éléments primordiaux. Eau, terre, vent et feu. Leur  dimension archétypale nous saisit, nous emporte dans un imaginaire initial où l’homme rencontre les forces brutes et alchimiques de la nature. Le voilà pris entre l’envoûtement par tant de beauté et la persistance de son ambition de possession. Mais peut-on conquérir la beauté ?


Beauté d’une nature si puissante et mystérieuse que les hommes de jadis l’ont peuplée de dieux. Aujourd’hui, le progrès les a chassés. La raison nous rassure. Et si un mouvement tectonique nous replongeait dans le chaos primordial ! En renouvelant les peurs, les espoirs, les rêves de cet Humain originel pris entre Ciel et Terre qui sommeille toujours en nous. 


Si vous passez par Marseille, c’est à voir au Mucem jusqu’au 20 septembre 2026.



 
 
 

 

C’est le sujet proposé cette année à l’atelier photographique Contraste en collaboration avec Charlotte Beaudry, artiste invitée.


Bienvenue au vernissage ce vendredi 19 décembre à partir de 18h. Vous pourrez découvrir la façon dont une trentaine de photographes ont traité ce thème en argentique, numérique et vidéo.


Pour ma part, j’ai questionné ces préjugés qui polluent nos cœurs, nos pensées et formatent nos comportements. Ces phrases toutes faites qui se prétendent vérités absolues, mais nous enferment dans l’ignorance. En contrepoint de cette ombre, des citations lumineuses. Celle d’un écrivain et poète : ce qu’on sait de quelqu’un empêche de le connaître, Christian Bobin. Celle d’un physicien : Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé, Albert Einstein.


L’exposition vous accueille également du 5 au 16 janvier le lundi, mardi et jeudi soir ainsi que mardi et jeudi matin au 45 rue Général Capiaumont, 1040 Etterbeek-Bruxelles.

Afin de faciliter votre organisation pour visite, la rubrique l’Art Témoigne paraît exceptionnellement ce mercredi au lieu de l’habituel vendredi.



 
 
 

 

J'ai découvert dernièrement au Théâtre National de Bruxelles, le spectacle Mohamed et Israël. Ces deux prénoms ont été donnés par les pères respectifs des deux acteurs. L’un est musulman, l’autre fils de parents appartenant aux Témoins de Jéhovah. Ces deux prénoms transportent en héritage symbolique une éducation qui se voulait juste, éthique, aimante. Mais, victime de certitudes culturelles au nom du bien, elle a fait en réalité beaucoup de mal. Ce qui m’a le plus touchée, c’est l’apparition par vidéos de deux visages, l’un de face, l’autre presque détourné. Deux visages de pères en vis-à-vis de leurs enfants sur scène. Pères d’un autre temps, d’une autre génération. Visages de regard et de parole. Pour dire leur point de vue. Où l’amour transpirait en même temps qu’une immense impossible compréhension des valeurs à venir de leur fils qui ne correspondaient pas à celles de la jeunesse de ces pères qui avaient pour ces fils un autre rêve. Tandis que les fils avaient un autre rêve de père. Et c’est une grande souffrance respective.


Le sujet aurait pu être traité sur le mode de la violence et du règlement de compte et ajouter ainsi au conflit et à l’exclusion. C’est tout le contraire que nous a offert ce spectacle. Par offert, je veux dire transmis depuis le cœur, tel un cadeau rare et précieux. Nous avons pu vivre de l’intérieur un parcours subtil de courage et d’authenticité révélant les non-dits et les silences familiaux. Aboutissant par la compréhension à un possible amour de l’autre au-delà de la différence. Un amour en fraternité, en humanité.

D’autant que mis côte à côte, en tant que nom du spectacle, ces deux prénoms font clash. Ils évoquent immédiatement un sujet brûlant d’actualité. Reliant l’histoire personnelle au plan collectif. Ce qui ajoute à l’impact et profondeur du propos. Et impose un merci.


Quand l’art témoigne ainsi, même une simple goutte de couleur peut colorer une grande quantité d’eau. Surtout, quand les artistes concernés ont dû s’affranchir des attentes familiales mais aussi publiques concernant l’expression artistique.


Pour en savoir plus :




 
 
 

© 2025 - Viviane Cangeloni

  • Instagram
  • Facebook
  • LinkedIn
bottom of page